top of page

Reprendre une activité physique après un infarctus du myocarde

Le saviez-vous ? D’après l’OMS (1), les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause de décès au niveau mondial. Ainsi près de 20 millions de personnes sont mortes d'une maladie cardiovasculaire en 2022, dont 85% d'un infarctus du myocarde ou d'un AVC.


Selon l’Inserm (2), on ne compte pas moins de 80 000 infarctus par an en France. Environ 10%

des victimes succombent dans l’heure qui suit et la mortalité à un an s’élève à 15%. Face à ces chiffres, on comprend que l'infarctus représente un véritable enjeu de santé publique.



Comprendre l’infarctus : une urgence cardiaque vitale

L’infarctus du myocarde, aussi connu sous le nom de crise ou attaque cardiaque, appartient

à la famille des maladies cardiovasculaires, des troubles qui affectent le coeur et les vaisseaux sanguins.


Dans le cas de l’infarctus, on assiste à la destruction partielle du muscle cardiaque, causée par l’obstruction d’une des artères qui alimente le coeur en oxygène (artère coronaire). Résultat,

les cellules musculaires, privées d’oxygène, finissent par mourir entraînant des troubles du rythme cardiaque, une insuffisance cardiaque et dans le pire des cas l’arrêt du coeur.


Mais au fait, quelles sont les causes de l'obstruction ? Elle est due à l'athérosclérose,

une maladie due au dépôt de graisses (lipides), qui rétrécissent peu à peu le diamètre des artères.

Lors d’un infarctus, une plaque peut se rompre, entraîner la formation d’un caillot et bloquer la circulation sanguine.


Prévenir l'infarctus grâce à l'activité physique

S’il est vrai qu’un infarctus peut toucher tout le monde, il existe cependant des facteurs de risque directement liés à la maladie et susceptibles d’être modifiés. L’Inserm cite notamment le tabagisme,

le diabète, l’obésité, l’hypertension, le stress et la sédentarité.


Dans un article scientifique publié en juin 2023 , des chercheurs ont montré que la pratique d’une activité physique régulière et adaptée au cours de la vie permet de réduire de manière significative le risque d’infarctus en intervenant directement sur les facteurs de risque :

  • Diminution de l'hypertension,

  • Amélioration de la sensibilité à l’insuline et réduction du risque de diabète,

  • Réduction du taux de LDL (mauvais cholestérol) et meilleure dégradation des lipides, composant les plaques d’athérome,

  • Réduction du stress.


Bouger après un infarctus ? Un impératif vital

Après un infarctus, bouger n’est plus un choix, mais une nécessité thérapeutique.

La science le confirme : l’activité physique rééduque le cœur, améliore son efficacité à pomper le sang et réduit les risques de rechute tout en restaurant la confiance et le bien-être mental du patient.

En somme, elle protège, répare et redonne une seconde chance.


Mais reprendre une activité physique après un infarctus ne s’improvise pas. Le «sport sur ordonnance», prescrit par un médecin, offre un programme sur mesure, encadré par des enseignants en activité physique adaptée (APA). Ojectif ? Sécuriser chaque étape de la réadaptation,

en adaptant l’intensité et les exercices aux capacités du patient. Un bilan initial permet de définir

un programme progressif, associant endurance et renforcement musculaire, pour une reprise

en toute sécurité.


Quelles activités privilégier pour une réhabilitation réussie ?

Pour limiter le risque de rechute d'infarctus, les experts de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de l'European Society of Cardiology (ESC) recommandent une combinaison ciblée mêlant :

  • Des exercices d'endurance (marche, vélo, natation, rameur, jogging léger) pour renforcer le cœur et réguler la tension.

  • Du renforcement musculaire léger (2 à 3 fois/semaine) avec élastiques ou petites haltères pour maintenir l’autonomie et optimiser le métabolisme.

  • Des activités "corps-esprit" (yoga, tai-chi, pilates) pour apaiser le stress et améliorer la respiration.


Idéalement, il est conseillé de faire 150 minutes d’activité physique hebdomadaire.

La règle d'or ? Progresser sans précipitation en allongeant d'abord la durée des séances puis en augmentant l’intensité des exercices. Une approche graduelle et encadrée est indispensable pour transformer l’effort en allié durable contre les rechutes. Parce qu’après un infarctus, chaque mouvement compte pour reconstruire sa santé, pas à pas.


Exemples d'exercies à réaliser à la maison

Comme vous l'aurez compris, les entraînements mélangeant renforcement musculaire et exercices d’endurance peuvent être particulièrement efficaces, à condition d’être adaptés au niveau et à l’état de santé de chacun.


Voici deux exercices de 5 minutes qui peuvent être facilement réalisés à la maison avec peu de matériel. Nous vous conseillons d'effectuer pour chacun d'entre eux quatre séries d'une minute en prenant des pauses de 30-40 secondes.


1) Shadow boxing (endurance)



Le shadow boxing consiste à envoyer des coups dans le vide tout en se mettant en situation

de combat. Il se pratique sans gants de boxe. Cet exercice vous permettra de travailler vos capacités cardiorespiratoires tout en vous initiant au monde de la boxe.


Si c’est trop facile vous pouvez :

  • Augmenter la durée de l’exercice,

  • Augmenter la vitesse des mouvements sur les 10 dernières secondes,

  • Réaliser l’exercice en faisant du tiping (en piétinant sur le sol) ou en vous mettant en position squat,

  • Ajouter des poids dans chaque main


Si c’est trop difficile, vous pouvez :

  • Réduire la durée de l’exercice,

  • Réduire la vitesse des mouvements.


2) Pompe contre un mur (renforcement musculaire)


Cet exercice vous permettra de renforcer vos pectoraux et vos triceps brachiaux. Si vous écartez les mains (prise plus large), vous solliciterez davantage les muscles stabilisateurs du dos, comme le grand dentelé ou encore les rhomboïdes.


Si c’est trop facile, vous pouvez :

  • Réaliser l’exercice plus rapidement,

  • Augmenter la durée de l’exercice,

  • Réaliser des pompes au sol.


Si c’est trop difficile, vous pouvez :

  • Réaliser l’exercice plus lentement,

  • Réduire la durée de l’exercice,

  • Réduire l’amplitude des pompes.


Sources :

  1. OMS - article sur les maladies cardiovasculaires

  2. Inserm - dossier sur l'infarctus du myocarde

  3. Perry et al., 2023, effets de l'activité physique sur l'infarctus du myocarde

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page