Activité physique adaptée et douleurs chroniques : peut-on vraiment moins avoir mal ?
- Aude Le Chatelier
- il y a 2 jours
- 6 min de lecture
La douleur chronique transforme souvent le quotidien en un cercle vicieux d’inactivité et de souffrance. Pourtant, la science le confirme : une activité physique adaptée (APA), progressive et encadrée, peut aider à réduire la douleur, restaurer la mobilité et briser ce cycle. Découvrez comment le mouvement, loin d’aggraver les symptômes, devient un allié précieux pour retrouver confiance et qualité de vie.

Comprendre les douleurs chroniques
Qu’est-ce qu’une douleur chronique ?
Selon l'OMS, la douleur chronique est définie comme une douleur qui dure ou réapparaît pendant plus de trois mois. Elle est classée en deux catégories : douleurs primaires et douleurs secondaires. Contrairement à la douleur aiguë, qui est un signal d’alarme utile, la douleur chronique devient un problème en soi et perturbe durablement la vie quotidienne.
Pourquoi la douleur persiste même sans blessure visible ?
Même en l’absence de blessure visible, la douleur peut persister car le système nerveux devient hypersensible. Le cerveau et les nerfs continuent d’interpréter certains signaux comme dangereux, alors que les tissus sont parfois réparés. La douleur est alors réelle, mais elle n’est plus forcément le signe d’un dommage en cours. C’est comme une alarme incendie qui se déclenche sans feu ou fumée.
Douleur chronique et cercle vicieux de l’inactivité
Avec le temps, la douleur chronique peut entraîner un cercle vicieux d’inactivité. Par peur d’avoir mal ou d’aggraver la situation, on bouge moins, ce qui entraîne une perte de force, de mobilité et de confiance. Cette diminution des capacités physiques peut à son tour renforcer la douleur.
Bouger quand on a mal : une idée contre-intuitive mais essentielle
Pourquoi le repos prolongé peut aggraver les douleurs ?
Face à la douleur, le réflexe naturel est souvent le repos. Pourtant, un repos prolongé peut aggraver les douleurs chroniques en favorisant la raideur, la faiblesse musculaire et une plus grande sensibilité à l’effort. Le corps devient alors moins tolérant au mouvement.
Ce que dit la science sur le mouvement et la douleur
Les recherches scientifiques montrent que le mouvement adapté aide à réduire la douleur sur le long terme. Bouger améliore la circulation, nourrit les tissus, régule le système nerveux et envoie au cerveau des messages rassurants. Progressivement, le corps réapprend que le mouvement n’est pas dangereux. La science moderne explique l’effet bénéfique du mouvement sur la douleur chronique par plusieurs mécanismes :
Neuroplasticité adaptative : l’activité physique aide le cerveau et la moelle épinière à réorganiser la façon dont ils traitent les signaux douloureux, réduisant ainsi l’hypersensibilité nerveuse associée à la douleur chronique.1
Effets anti-inflammatoires et analgésiques biologiques : l’exercice modéré peut réduire certains marqueurs d’inflammation et activer des processus qui diminuent la perception de la douleur.
Amélioration du contrôle sensorimoteur : bouger régulièrement améliore la précision et la coordination, ce qui diminue les signaux protecteurs exagérés du système nerveux liés à la douleur.
Douleur, peur du mouvement et perte de confiance
La douleur chronique s’accompagne souvent d’une peur du mouvement, appelée kinésiophobie.
Cette peur peut limiter l’engagement physique et renforcer le sentiment d’impuissance. Reprendre le mouvement de façon progressive permet de restaurer la confiance, de reprendre le contrôle de son corps et de sortir progressivement du cycle douleur–peur–inactivité.
Activité physique adaptée vs sport classique : une différence majeure
Pourquoi le sport classique peut parfois aggraver la douleur ?
Lorsqu’on souffre de douleurs chroniques, le "sport classique" (salle de gym, sports collectifs…) peut parfois sembler être une bonne solution pour "se renforcer". Pourtant, il n’est pas toujours adapté.
Les mouvements, les postures, l’intensité imposée ou la recherche de performance peuvent solliciter excessivement les articulations, les muscles ou le système nerveux. Cela peut entraîner une aggravation des douleurs, de la fatigue ou même des blessures, surtout lorsque le corps est déjà fragilisé.
En quoi l’activité physique adaptée (APA) respecte les limites du corps ?
L’activité physique adaptée repose sur une approche totalement différente. Elle respecte les limites du corps, prend en compte la douleur, la fatigue et les capacités réelles de la personne. Les exercices sont choisis pour être utiles au quotidien, sans jamais forcer ni provoquer de souffrance inutile. L’objectif n’est pas la performance, mais le mieux-être. Et chacune des séances est encadrée par un enseignant certifié et diplômé.
Une pratique individualisée, progressive et sécurisée
Chaque pratique en APA est individualisée, progressive et sécurisée. Le rythme est ajusté à la personne, les mouvements évoluent avec le temps et l’encadrement permet d’éviter les erreurs.
Cette progressivité est essentielle pour redonner confiance au corps et favoriser une amélioration durable et sans danger.
Activité physique adaptée : Quelles douleurs chroniques peuvent-elles aider à réduire ?
Lombalgies et douleurs du dos
L’APA est particulièrement bénéfique pour les lombalgies et les douleurs du dos. Elle aide à renforcer les muscles profonds, les lombaires et les dorsaux, améliorer la mobilité et réduire les tensions, tout en évitant les gestes brusques ou traumatisants.
Arthrose et douleurs articulaires
Les personnes souffrant d’arthrose ou de douleurs articulaires peuvent également en tirer un grand bénéfice. Contrairement aux idées reçues, bouger de manière adaptée permet de nourrir les articulations, de limiter les raideurs et de mieux gérer la douleur au quotidien et de mieux prendre conscience des capacités de son corps
Fibromyalgie
La fibromyalgie fait aussi partie des indications fréquentes de l’APA. Grâce à des exercices doux, réguliers et progressifs, il est possible d’améliorer la tolérance à l’effort, la qualité du sommeil et la perception de la douleur.
Douleurs post-cancer et post-traitements
Dès l’annonce, durant et après un cancer et ses traitements, l’activité physique adaptée aide à conserver au maximum ou à retrouver des capacités physiques, à lutter contre la fatigue persistante et à se réapproprier son corps en douceur. Ces bénéfices concernent également de nombreuses autres douleurs chroniques liées aux maladies de longue durée, comme les pathologies inflammatoires ou neurologiques.
Comment se déroule une séance d’activité physique adaptée quand on souffre d'une maladie chronique ?
L’évaluation initiale et l’écoute des douleurs
Avant de débuter une séance d’activité physique adaptée, il faut passer par une évaluation initiale appelée bilan qui inclut quelques tests physiques et un court entretien afin de connaître les ressentis, les appréhensions et les objectifs de la personne dans le but de lui proposer un contenu réellement adapté.
Des exercices doux, fonctionnels et progressifs
Lors d’une séance d’activité physique, les exercices sont adaptés aux douleurs et capacités du pratiquant et sont fonctionnels et progressifs, évoluant avec le pratiquant. Ils visent à améliorer la mobilité, la force, l’équilibre et l’endurance, tout en restant proches des gestes du quotidien. Chaque mouvement est expliqué et réalisé dans le respect des sensations.
L’adaptation permanente selon les sensations
L’adaptation est permanente tout au long de la séance. Si une douleur apparaît ou si la fatigue augmente, les exercices sont modifiés ou interrompus. L’objectif est de rester dans une zone confortable et sécurisante pour le corps.
Fin de séance : détente, respiration et récupération
La séance se termine par un temps de retour au calme basé sur des étirements et des exercices de respiration. Ce moment est essentiel pour favoriser le relâchement, diminuer les tensions et permettre au corps d’intégrer le travail effectué.
Reprendre le contrôle malgré la douleur : un premier pas possible
L’importance d’y aller à son rythme
Reprendre une activité physique malgré la douleur nécessite d’y aller à son rythme. Il n’y a pas de progression idéale ou universelle, seulement celle qui respecte le corps et ses capacités du moment et rien ne sert de comparer son évolution à celle des autres, chaque personne, chaque douleur et chaque évolution est unique.
Différence entre douleur acceptable et douleur d’alerte
Il est important de faire la différence entre une douleur acceptable, souvent liée à l’effort musculaire ou à la remise en mouvement, et une douleur d’alerte, plus vive ou inhabituelle, qui doit amener à l’arrêt de l’exercice. Apprendre à reconnaître ces signaux permet de pratiquer en toute sécurité.
Le rôle clé de l’encadrement APA
L’encadrement par un professionnel de l’APA joue un rôle clé. Il apporte des repères, rassure, adapte les exercices et accompagne la personne dans la durée. Cet accompagnement est souvent déterminant pour retrouver confiance et motivation.
Comment commencer une activité physique adaptée à domicile ?
Il peut être pertinent de commencer une activité physique adaptée dans un format individuel à domicile, avec des exercices simples, courts et bien expliqués. Une prise en charge individuelle permet, en effet, d’adapter au mieux les exercices, de reprendre confiance en ses capacités et de distinguer la douleur d’alerte de la douleur d’alerte, aidé(e) de l’enseignant en APA.
Leur formation de 3 à 5 ans est un gage de sécurité et de qualité. Mina Home est déclarée comme entreprise du Service à la Personne et les séances d’APA à domicile bénéficient à ce titre du crédit d’impôt de 50% (En savoir + : https://www.mina-sante.fr/seances-d-apa-a-domicile)
Conclusion
L’activité physique adaptée offre une réponse concrète et sécurisée aux personnes vivant avec des douleurs chroniques. En respectant le corps, en s’adaptant aux sensations et en privilégiant la progressivité, elle permet de bouger sans peur, de réduire l’impact de la douleur et de retrouver une meilleure qualité de vie. Recommencer à bouger est possible, même avec des douleurs, à condition d’être bien accompagné et à l’écoute de soi.




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